La rose et le couteau - Frédéric - 1998

Quel âge as-tu ?
J’ai 25 ans.

Tu fais de la gym ?
Sept heures par semaine. Sans compter les heures où je m’entraîne. C’est ma passion. Je suis sportif depuis l’âge de 5 ans, j’ai touché à un peu tous les sports. Quand j’étais jeune, j’aimais bien le karaté, tout ce qui bougeait. Mais la gym, c’est ce que je préfère. Je grimpais aux arbres quand j’étais petit.

Tu fais de la compétition ?
Oui, en critérium, en régional. Dans le cadre de la Fédération française de gymnastique. Je fais les six agrès. Je crois que je suis doué parce que ça fait deux ans que j’en fais et je fais déjà des soleils à barre fixe, des exercices assez compliqués, des sauts périlleux, des flips. J’ai appris à faire un salto tout seul. Je fais des rêves de gym, j’adore ça. Il n’y a pas un mois que je passe sans faire des progrès.

Comment as-tu rencontré Pierre & Gilles ?
J’ai d’abord travaillé avec Hervé Bodilis - un portfolio est paru dans «Idol» il y a un an ou deux. Pierre & Gilles ont appelé Bodilis. Je ne les connaissais pas vraiment mais je les ai trouvés adorables. Et quand j’ai vu leur livre, je suis tombé complètement amoureux de leur travail. J’aime même leur personnage, j’aime bien ce côté réservé. Ils ne sont pas business. C’est comme dans ma vie : j’aime bien rester dans mon coin, je sors en boîte, de temps en temps dans le Marais mais ce n’est pas mon passe-temps favori.

Qu'est-ce qui t'intéresse dans la photo ?
On m'a conseillé de poser parce qu'on dit que je suis mignon. J'ai téléphoné à Bodilis et puis, de fil en aiguille... AU début, j'étais un peu gêné. Si je ne me sens pas à l'aise avec le photographe, j'y arrive pas.

Etre modèle, c’est un tremplin pour toi ?
Non parce que mon boulot de gym me plaît beaucoup et je n’ai pas envie de le quitter. Et puis je garde la tête sur les épaules : j’ai 25 ans, je ne suis pas grand, ça n’ira pas très loin. Ça ne me fera pas vivre. Par exemple, je suis inscrit à Metropolitan Pub mais je peux te dire que pour l’instant, ils ne m’ont pas appelé. Ce que j’aime avec Pierre & Gilles, c’est leur style. «Les garçons d’usine» de Bodilis, ça m’a beaucoup moins intéressé. C’était trop aguicheur. C’est malsain. Je fais vraiment ces photos parce que ça m’amuse.
Le garçon dans la prairie - Frédéric - 1998

Tu te trouves beau ?
Bof. Enfin, tout le monde le dit mais beau, non, il y a beaucoup plus beau que moi. Je suis gymnaste, donc j'ai un corps qui plaît.

Il y a des gens qui t'ennuient quand ils te reconnaissent ?
Non mais de toute façon j'ai un flair pour sentir les gens qui risqueraient de me coller. J'ai déjà fait un peu gogo mais je ne me mettrai jamais à poil sur scène. Je ne suis pas là pour vendre mon cul. Je ne crois pas correspondre au stéréotype du mec avec le caleçon moulant. Mais je suis pour les expériences. Il faut essayer, au moins on est fixé. Maintenant, j'ai décidé de garder une image assez clean. La travail que j'ai fait avec le photographe Howard Roffman me plaît beaucoup parce que c'est très nature. On ne sent pas le côté malsain de la recherche du cul ou de la bite.

Qu'est-ce que tu aimes le plus dans la vie ?
C'est la fait de tracer une ligne droite et de la suivre. Ne pas se prendre la tête avec des conflits. Je m'inspire beaucoup de la philosophie bouddhiste. Ca m'a toujours correspondu. Je suis orphelin, j'ai vécu dans des foyers et j'en ai bavé toute ma vie, entre ma mère qui m'a abandonné et mon père qui est mort quand j'avais onze ans. J'ai essayé d'en tirer quelque chose et j'ai réalisé que la philosophie bouddhiste ressemblait beaucoup à ce que je ressentais. Ce que j'aime surtout, c'est cette approche très humaine.

Des choses qui te font peur ?
Non. Les problèmes d'argent peut-être mais tout le monde connaît ça. À 19 ans, je me suis retrouvé chez les flics pendant 24 heures et ça a été très dur. Ca m'a servi de leçon. À part ça, non, je suis un battant. Je n'ai pas peur de la mort. Le Sida, c'est pareil, c'est une question de responsabilité. On prend des risques ou on ne les prend pas.

Tu pars en vacances où ?
L'année dernière je suis allé à San Francisco. Je suis déjà allé au Mexique, au Maroc... Là, je vais partir àTahiti pendant une semaine. Mais c'est pour bosser. J'ai été pris dans un boys band. Noé.

Tu as un boyfriend ?
Non. Je suis un peu entre deux histoires.